Recently I was visited by a very good friend who had just returned from a long walk in the woods, and I asked her what she had observed. 'Nothing in particular,' she replied. I might have been incredulous had I not been accustomed to such responses, for long ago I became convinced that the seeing see little.

How was it possible, I asked myself, to walk for an hour through the woods and see nothing worthy of note? I who cannot see find hundreds of things to interest me through mere touch. I feel the delicate symmetry of a leaf. I pass my hands lovingly about the smooth skin of a silver birch, or the rough, shaggy bark of a pine. In spring I touch the branches of trees hopefully in search of a bud, the first sign of awakening Nature after her winter's sleep. I feel the delightful, velvety texture of a flower, and discover its remarkable convolutions; and something of the miracle of Nature is revealed to me.

-Helen Keller, Three Days to See (1933)
NB: Helen Keller was deaf-blind.

Monday, February 9, 2009

Une crise économique, c’est sexiste, dites?

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/economie-affaires/la_crise_et_vous/index.asp

Par: Nicolas (pas Nicholas) Duguay (pas Dubé)

C’est étrange, mais ce matin, en prenant connaissance des plus récentes données sur l’emploi aux États-Unis, et tout particulièrement celles comparant les pertes d’emplois chez les hommes et les femmes, c’est à la vieille série télé « Papa à raison » que je pensais...

Je pensais à ça, car c’est justement l’Amérique de cette série-là, une Amérique riche et suffisante dirigée par des hommes blancs tout aussi riches et suffisants, qui en prend pour son rhume ces temps-ci.

En l’espace de quelques mois, l’un des premiers Commandements du capitalisme à l’américaine, qui veut que l’État se tienne à l’écart de l’économie, a été bafoué à coup de milliards de dollars de fonds publics.

Et maintenant, la crise économique qui dévaste le marché de l’emploi est en train de faire en sorte que pour la première fois de l’histoire américaine les femmes pourraient bientôt surpasser en nombre les hommes sur le marché du travail...

Voilà seulement quelques décennies, comme nous pouvons le voir dans le tableau ci-bas, la part des femmes sur le marché du travail américain ne dépassait guère les 30 %.

Aujourd’hui, hommes et femmes sont au coude à coude et si la tendance observée depuis le début de la récession se maintient, ne serait-ce que quelques mois encore, nous allons rapidement assister à une dominance féminine sur le marché du travail.

Hécatombe pour les secteurs « masculins »

Les experts expliquent ce revirement historique en arguant de la nature des emplois les plus mis à mal par la crise.

Comme l’explique le New York Times dans un article sur le sujet paru aujourd’hui même, ce qui se passe n’a rien à voir avec la lutte pour l’égalité des sexes, mais plutôt avec l’endroit où tombe la hache...

En effet, il appert que 82 % des emplois perdus depuis décembre 2007, date officielle du début de la récession américaine, étaient occupés par des hommes.

Pourquoi?

Tout simplement parce que les secteurs économiques sur la ligne de front de la crise, le secteur manufacturier et celui de la construction, sont des secteurs où, traditionnellement, l’essentiel de la main-d’oeuvre est masculine.

Et tout ceci, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, est loin d’être une bonne nouvelle...

Pas parce que l’auteur de cette chronique pense que c’est une tragédie économique d’avoir davantage de femmes au travail que d’homme, mais plutôt parce que les emplois occupés par les femmes sont souvent moins « intéressants » que ceux des hommes.

« Intéressants » ?

C’est-à-dire que l’on retrouve encore aux États-Unis une plus grande proportion de femmes que d’homme qui occupent des emplois à temps partiel, des emplois qui bien souvent ne sont accompagnés d'aucune assurance médicale et qui n’offrent pratiquement aucune sécurité d’emploi.

Et même lorsqu’elles travaillent à temps plein, les statistiques gouvernementales démontrent que les femmes américaines ne gagnent encore en moyenne que 80 % de la paye de leurs homologues masculins travaillant autant.


Perte d'emplois aux États-Unis, par sexe, depuis le début de la crise