Recently I was visited by a very good friend who had just returned from a long walk in the woods, and I asked her what she had observed. 'Nothing in particular,' she replied. I might have been incredulous had I not been accustomed to such responses, for long ago I became convinced that the seeing see little.

How was it possible, I asked myself, to walk for an hour through the woods and see nothing worthy of note? I who cannot see find hundreds of things to interest me through mere touch. I feel the delicate symmetry of a leaf. I pass my hands lovingly about the smooth skin of a silver birch, or the rough, shaggy bark of a pine. In spring I touch the branches of trees hopefully in search of a bud, the first sign of awakening Nature after her winter's sleep. I feel the delightful, velvety texture of a flower, and discover its remarkable convolutions; and something of the miracle of Nature is revealed to me.

-Helen Keller, Three Days to See (1933)
NB: Helen Keller was deaf-blind.

Saturday, October 3, 2009

Guide humain

Être humain. Quelle notion éthérée ! Si simple, et pourtant si embrouillée par notre monde techno-scientifique. N'est-ce pas ironique que malgré tous les avancées de notre époque, le rôle du médecin comme guide humain soit tout aussi important que jamais (malgré son exclusion des rôles du médecin selon la Faculté) ?Est-ce vraiment pour des conseils cliniques qu'une jeune fille enceinte, un nouveau papa dépassé ou une triste veuve épuisée viennent voir leur médecin ? Plus souvent qu'on ne le reconnait, je crois que la confiance que les patients accordent à leur médecin ne résulte pas de ses compétences cliniques, de sa confidentialité ou même de sa bonne communication. De façon qui dépasse même la portée de la notion de "professionnalisme," il me semble que la base fondamentale de la grande confiance d'un patient en son médecin vient de la compréhension particulière du médecin de la vie humaine, l'être humain, l'humanité.

Aujourd'hui c'était notre deuxième session dans le laboratoire d'anatomie. Ma session de DAC était annulée, donc après la fin du laboratoire j'ai décidé de passer une heure de plus à étudier les cadavres par moi-même. Sans les contraintes du temps, j'ai pu vraiment prendre conscience du fait que les cadavres étaient jadis des personnes vivantes, des êtres humains. Des muscles atrophiés, de la peau lâche et de longs poils sur les bras : celui-ci était surement un vieil homme. Les traces d'une barbe, de larges bras et un gros bedon : celui-là était plus jeune. Mais malgré leurs différences, on peut identifier toutes les mêmes structures sur chacun : le splénius, les érecteurs spinaux, les muscles dentelés - ils sont tous là !

Bien sûr ces réalisations ne m'ont pas surprises, mais quand je suis sorti du laboratoire, j'étais rempli d'une telle joie à chaque fois que je passais quelqu'un. Je ne pensais plus : "Oh ! Les citadins sont toujours tellement pressés !" ou "Je me demande ce qui la tracasse." Non, il n'y avait qu'une chose qui se répétait dans ma tête : "Lui et elle, ils sont parfaitement comme moi. On est sur le même train miraculeux de l'humanité, voyageant vers la même destination - ce qui fait d'eux plus que des pairs, des collègues, des âmes soeurs. Des êtres humains." Les cadavres me rappelaient : Eram quod es, eris quod sum.

Et voilà que j'ai fait un pas vers mon rôle de guide humain. Prochaine étape : assister à un accouchement !

1 comment:

m. Ansell said...

Tout d'abord, bien heureux de retrouver quelques de tes paroles sur le cyberespace.

Ensuite, à se rappeler que le médecin comme forme d'autorité et comme figure de grande confiance n'est réellement apparu que tranquillement à la fin du XVIIe siècle -spécifiquement avec la révolution microbienne de Pasteur. Certes il y avait déjà eu de "grands médecins" comme Hippocrate et Galien, mais le mysticisme et les croyances cosmiques et religieuses dominaient toujours.
Tout ça pour dire que le médecin bénéficie de la récente efficacité thérapeutique. C'est un moment déterminant dira Foucault dans le rapport du savoir et du pouvoir; c-à-d le médecin comment véhicule de savoir.

Voilà, selon moi c'est si mal comprit parce que c'est si récent -en gros.